Houssesde couettes de qualitĂ© sur le thĂšme Tim Burton, personnalisĂ©es par des artistes indĂ©pendants du monde entier. Certains parlent de couverture. D'autres de couette. Qu'importe le nom, vos nuits, vos siestes et vos soirĂ©es film n'auront jamais eu aussi fiĂšre allure grĂące aux housses de couette sur le thĂšme Tim Burton. Toutes les commandes sont prĂ©parĂ©es Ă  la FilmrĂ©alisĂ© en 1999, Allemagne-USA, par : Tim Burton. Avec: Johnny Depp, Christina Ricci, Christopher Walken, Michael Gambon, Christopher Lee, Lisa Marie, Miranda Richardson, Casper Van Dien. DurĂ©e: 1h45 Genre: Fantastique, Horreur, Aventure, Thriller. En 1799, des villageois de Sleepy Hollow sont retrouvĂ©s morts la tĂȘte tranchĂ©e. Un inspecteur new-yorkais aux mĂ©thodes En1999, Tim Burton revient Ă  son style macabre avec Sleepy Hollow et retrouve Johnny Depp, accompagnĂ© d'acteurs prestigieux tels que Christina Ricci, Michael Gough, Christopher Lee et SleepyHollow (La LĂ©gende du Cavalier sans TĂȘte) Ce film a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Tim Burton en 1999. Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle de Washington Irving intitulĂ©e La LĂ©gende de En1985, Tim Burton rĂ©alise son premier long mĂ©trage, Pee Wee Big Adventure, qui plante dĂ©jĂ  les bases d'un univers trĂšs personnel, oĂč le fantastique le dispute Ă  l'onirisme. Trois ans plus tard, il se rĂ©vĂšle au grand public avec la comĂ©die Beetlejuice , fable fantastico-macabre dans laquelle Michael Keaton incarne un "bio-exorciste" totalement dĂ©jantĂ©. JohnnyDepp, de son vrai nom John Christopher Depp II, nĂ© le 9 juin 1963 Ă  Owensboro, dans le Kentucky, est un acteur et musicien amĂ©ricain. Johnny Depp est devenu cĂ©lĂšbre grĂące Ă  la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e 21 Jump Street.Il a nĂ©anmoins voulu se dĂ©tacher aussitĂŽt de sa nouvelle image de jeune premier et s'est spĂ©cialisĂ© dans l'interprĂ©tation de personnages di7F0. 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID bmQGBqVG9xPdryHNIbIiVNYqAq506P190MPN_ctpGa-Kob3Su1AMGg== Carte mentaleÉlargissez votre recherche dans UniversalisUn cinĂ©ma Ă  contre-courantSes dĂ©buts aux studios Disney, comme dessinateur et animateur notamment sur Rox et Rouky, ont sans doute aidĂ© Tim Burton Ă  dĂ©finir trĂšs vite son projet une vive contre-proposition formulĂ©e Ă  l'endroit d'un univers oĂč le merveilleux et les dĂ©lices enfantines sont frappĂ©s du sceau d'une terrible gentillesse, d'une gaietĂ© insipide. Rien de tel dans le film d'animation L'Étrange NoĂ«l de M. Jack 1993, rĂ©alisĂ© par Henry Selick mais pleinement attribuable Ă  Tim Burton producteur, auteur du sujet et des dessins originaux, une comĂ©die musicale qui, sur la musique endiablĂ©e de Danny Elfman fidĂšle collaborateur de Tim Burton, fait surgir un monde de joyeux morts-vivants, conduits par un squelette romantique qui prend la place du PĂšre NoĂ«l. Un humour macabre que Beetlejuice 1988 avait dĂ©jĂ  associĂ© Ă  une fĂȘte visuelle qui mĂȘlait alors kitsch parodique et hommage au peintre Marc Chagall avec une grande Ă©lĂ©gance graphique, Ă©largie aux corps de chair travaillĂ©s aussi librement que des dessins don d'imagier de Tim Burton, dont tous les films sont d'abord de splendides livres d'images, s'appuie en vĂ©ritĂ© sur un tempĂ©rament d'iconoclaste – une des plus belles scĂšnes de Batman 1989 est la visite du captivant Joker dans un musĂ©e oĂč il barbouille de couleurs vives les Ɠuvres des maĂźtres de la peinture, en une sorte de show contre l'art officiel. Au carnaval dantesque que le cinĂ©aste oppose au mythe Disney rĂ©pondra la bouffonnerie de Mars Attacks ! 1996, parfait contretype d'un film de science-fiction ostentatoire et standard Independence Day, et vĂ©ritable entreprise de dĂ©molition de l'AmĂ©rique et de ses rĂȘves non moins standardisĂ©s. L'ironie est d'abord dans la forme tournĂ© avec des moyens considĂ©rables, Mars Attacks ! dĂ©tourne le culte de l'illusion programmĂ©e sur ordinateur en images de synthĂšse et utilise les effets spĂ©ciaux comme des enfantillages, des jouets bricolĂ©s qui ont le charme d'un artisanat luxueux de la fantaisie. C'est l'esprit d'Ed Wood qui traverse ce film, la croyance naĂŻve de ce cinĂ©aste, rĂ©putĂ© „le plus mauvais du monde“, en la force de fictions et d'images fantastiques rudimentaires. Mais, dans Ed Wood 1994, Tim Burton ne salue pas seulement cette forme particuliĂšre de poĂ©sie. Il dit aussi sa fascination pour un artiste vouĂ© Ă  l'Ă©chec, relĂ©guĂ© au dialogue avec ses fantasmagories et ses dĂ©mons intĂ©rieurs, en mĂȘme temps qu'il exprime sa volontĂ© de l'arracher Ă  son 2 3 4 5 
pour nos abonnĂ©s, l’article se compose de 3 pagesAfficher les 2 mĂ©dias de l'articleÉcrit par journalisteClassificationArtsCinĂ©maCinĂ©astes metteurs en scĂšne, rĂ©alisateursCinĂ©astes d'AmĂ©rique du NordCinĂ©astes amĂ©ricainsArtsCinĂ©maRĂ©alisateurs de films d'animationAutres rĂ©fĂ©rences BURTON TIM 1958- » est Ă©galement traitĂ© dans ALICE AU PAYS DES MERVEILLES T. BurtonÉcrit par Christian VIVIANI ‱ 941 motsDepuis ses premiers courts-mĂ©trages, Vincent 1982 et Frankenweenie 1984, les personnages de Tim Burton hĂ©sitent presque toujours entre l'enfance et l'Ăąge adulte ; jusqu'Ă  prĂ©sent, seul Sweeney Todd 2007, oĂč le cinĂ©aste nous livre sa part obscure, apparaĂźt fermement campĂ© dans la maturitĂ©. C [
] Lire la suiteCHARLIE ET LA CHOCOLATERIE et LES NOCES FUNÈBRES T. BurtonÉcrit par RaphaĂ«l BASSAN ‱ 1 076 motsÉloignĂ©s par le matĂ©riau utilisĂ© la mise en scĂšne traditionnelle d'une part, l'animation de volumes de l'autre et le propos apologue cruel sur la sociĂ©tĂ© de consommation contemporaine versus conte macabre gothique. Charlie et la chocolaterie 2005 et Les Noces funĂšbres 2005 font se croiser la plupart des thĂšmes et des figures plastiques qui caractĂ©ris [
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] Pendant des dĂ©cennies, le marchĂ© du long-mĂ©trage d'animation s'est quasi limitĂ© aux seules productions des studios Disney. Mais aprĂšs la mort de Citizen Walt », en 1966, on s'aperçoit que, d'annĂ©e en annĂ©e, la qualitĂ© des films baisse. Tout change au milieu des annĂ©es 1980, avec l'apparition de nouveaux cadres, dĂ©cidĂ©s Ă  rajeunir leurs Ă©quipes et Ă  intensifier la production. DĂšs lors, la cĂ©lĂšbr [
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] Dans une pĂ©riode plus rĂ©cente, une autre personnalitĂ© a dominĂ© la comĂ©die amĂ©ricaine moderne, faisant triompher un humour juif » dĂ©jĂ  illustrĂ© dans le domaine burlesque par les Marx Brothers au dĂ©but du parlant, Jerry Lewis ou Mel Brooks Les Producteurs , 1969 ; La Folle Histoire du monde , 1981. Woody Allen crĂ©e un personnage original Ă  fort soubassement culturel dont il ne peut se dĂ©parer [
] Lire la suiteDEPP JOHNNY 1963- Écrit par Universalis ‱ 653 mots Acteur amĂ©ricain nĂ© le 9 juin 1963 Ă  Owensboro Kentucky. Johnny Depp de son vrai nom John Christopher Depp II abandonne l'Ă©cole Ă  l'Ăąge de seize ans pour se lancer dans une carriĂšre musicale. Avec son groupe The Kids, il quitte la Floride, oĂč il a passĂ© la plus grande partie de son enfance, pour Los Angeles. En 1983, Johnny Depp Ă©pouse la maquilleuse Lori Anne Allison et continue de tenter sa [
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] C’est en Espagne, comme l’avaient fait CuarĂłn et del Toro, qu’Iñårritu va rĂ©aliser un film rĂ©solument diffĂ©rent, au scĂ©nario linĂ©aire et au style moins flamboyant Biutiful 2010, qui n’en prĂ©serve pas moins une bonne part de ce qui fait l’originalitĂ© du cinĂ©aste. Javier Bardem, symbole de la prĂ©caritĂ© humaine professionnelle, amoureuse, physique, voire mĂ©dicale, prolonge ce qu’Iñårritu avai [
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] À la fin des annĂ©es 1960, Angela Carter commence Ă  publier des rĂ©cits trĂšs originaux, fondĂ©s en partie sur une rĂ©interprĂ©tation ironique de motifs comme la maison gothique, espace domestique carcĂ©ral et aliĂ©nant pour la femme. Dans The Bloody Chamber and Other Stories 1979, elle réécrit des contes de fĂ©es canoniques comme Le Petit Chaperon rouge » ou Barbe-Bleue », symbole du pouvoir patr [
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] Lire la suiteVoir aussiCINÉMA D'ANIMATIONRecevez les offres exclusives Universalis 296 669 475 banque de photos, images 360° panoramiques, vecteurs et vidĂ©osEntrepriseSĂ©lectionsPanierBonjour!CrĂ©er un compteSĂ©lectionsNous contacterSĂ©lectionsPartagez des images Alamy avec votre Ă©quipe et vos clientsCrĂ©er une sĂ©lection â€șEntrepriseTrouvez le contenu adaptĂ© pour votre marchĂ©. DĂ©couvrez comment vous pouvez collaborer avec EntrepriseÉducationJeuxMusĂ©esLivres spĂ©cialisĂ©sVoyagesTĂ©lĂ©vision et cinĂ©maRĂ©servez une dĂ©monstrationRechercher des imagesRechercher des banques d’images, vecteurs et vidĂ©osFiltresSleepy hollow 1999 Photos Stock & Des Images0 Alors que son projet Superman Lives reste sur les rotules, Paramount propose Ă  Tim Burton de rĂ©aliser Sleepy Hollow, la lĂ©gende du cavalier sans tĂȘte 1999, d’aprĂšs un scĂ©nario de Kevin Yagher, connu pour ses maquillages et effets spĂ©ciaux, et Andrew Kevin Walker, auteur de Se7en David Fincher, 1995. AprĂšs la dĂ©ception d’un projet avortĂ©, le rĂ©alisateur californien semble trouver l’histoire idĂ©ale pour relancer sa fibre artistique. Encore faut-il savoir garder la tĂȘte sur les Ă©paules. © Tous droits rĂ©servĂ©s The Village Dire que Sleepy Hollow, la lĂ©gende du cavalier sans tĂȘte est un long-mĂ©trage gothique et fantomatique serait un euphĂ©misme plus grand que d’affirmer que Michael Bay est un bon artificier. Alors oui, ce long-mĂ©trage signĂ© Tim Burton transpire son art et son goĂ»t, alors qu’il s’agit – pour une fois – d’une production dont il n’est pas Ă  l’origine. De toute sa filmographie, et mĂȘme avec les Ɠuvres qui suivront, Sleepy Hollow, la lĂ©gende du cavalier sans tĂȘte reste sĂ»rement le long-mĂ©trage de Burton qui se rapproche le plus des productions de la Hammer, que le cinĂ©aste apprĂ©cie tant et dont l’influence rendra si singulier son univers esthĂ©tique. AprĂšs des inserts Ă©nigmatiques sur une lettre, un sceau, un testament, l’introduction met en scĂšne une sĂ©quence d’épouvante oĂč un vieil homme se retrouve face Ă  face au cavalier sans tĂȘte, avant, justement, de la perdre
Sa tĂȘte. Premier d’une longue liste de meurtres par dĂ©capitation, c’est une lĂ©gende de la Hammer qui envoie Ichabod Crane rĂ©soudre le mystĂšre Sir Christopher Lee dans le rĂŽle du bourgmestre. Une fois cette introduction passĂ©e, le long-mĂ©trage s’émancipe de ces influences pour trouver une voie qui lui est propre, et surtout dans la direction de la filmographie du cinĂ©aste, entre romantisme, humour et horreur. © Tous droits rĂ©servĂ©s Il est facile d’affirmer que Ichabod Crane, sous les traits de Johnny Depp, est – et reste encore aujourd’hui – l’une des plus belles figures romantiques de l’univers de Tim Burton, sentiment qu’il n’assume pas tout Ă  fait dans le dĂ©but de l’histoire avant de l’adopter pleinement dans son dernier acte. En effet, Ichabod Crane, inspecteur de police aux mĂ©thodes modernes et avant-gardistes, refuse de croire Ă  la possibilitĂ© d’un dĂ©mon revenu des morts. Ce n’est que par la proximitĂ© avec son jeune assistant Masbath et celle de Katrina Van Tassel que Ichabod comprend et tolĂšre la prĂ©sence du surnaturel dans son processus d’élucidation des meurtres. Et mĂȘme, de maniĂšre plus Ă©tonnante, le cinĂ©ma lui-mĂȘme joue un rĂŽle particulier dans la construction du rĂ©cit de Sleepy Hollow, la lĂ©gende du cavalier sans tĂȘte. Au fur et Ă  mesure que le scĂ©nario avance, on comprend que Katrina Van Tassel a Ă©tĂ© formĂ©e, de maniĂšre naturelle, Ă  quelques fondements de sorcellerie par le biais de sa dĂ©funte mĂšre, ce qui permet de faire le lien avec la propre mĂšre d’Ichabod Crane, qui possĂšde les mĂȘmes enseignements et que l’on a tuĂ©e pour cela. Or, dans l’un des souvenirs du jeune protagoniste, sa mĂšre use d’un thaumatrope, surface plane oĂč un oiseau est dessinĂ© sur l’une d’elle, tandis qu’une cage est prĂ©sente de l’autre cĂŽtĂ©. Lorsque l’on tourne le thaumatrope sur lui-mĂȘme, grĂące Ă  une ficelle accrochĂ© de chaque cĂŽtĂ©, une illusion d’optique opĂšre et offre l’impression de visualiser un oiseau en cage, rassemblant magiquement » les deux images, pourtant sĂ©parĂ©es. Au mĂȘme titre que la lanterne magique, elle aussi prĂ©sente dans une sĂ©quence charniĂšre, le thaumatrope est une invention emblĂ©matique du prĂ©-cinĂ©ma. Il n’est pas anodin de constater les liens que suggĂšre Tim Burton entre la sorcellerie, plus gĂ©nĂ©ralement la magie, et le cinĂ©ma puisque les personnages qui en usent permettent Ă  son cinĂ©ma d’exister. Il y a comme un Ă©lĂ©ment de cause Ă  effet, la magie et le surnaturel que souhaite mettre en scĂšne le cinĂ©aste ne peuvent exister que par le prisme du cinĂ©ma et deviennent donc, naturellement, un art de sorcellerie, le cinĂ©ma empruntant Ă©normĂ©ment aux prestidigitateurs dĂšs sa naissance au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle avec notamment George MĂ©liĂšs. La sĂ©quence de la lanterne magique quant Ă  elle a un effet plus esthĂ©tique et funeste, puisqu’au moment mĂȘme oĂč la jeune mĂšre allume la lanterne pour son enfant, le cavalier sans tĂȘte apparaĂźt au bout du village et se dirige vers eux pour rĂ©clamer les trois tĂȘtes de la maison. L’outil de prĂ©-cinĂ©ma Ă  l’allure de phare, diffusant des formes de sorciĂšres et autres lutins magiques sur les murs de la chambre du jeune enfant rĂ©sonne comme un appel du surnaturel au surnaturel, appelant le cavalier sans tĂȘte pour qu’il se montre. LĂ  encore, c’est le cinĂ©ma qui provoque l’apparition du fantastique. L’ultime lien entre les deux se trouvant dans la simple existence des effets spĂ©ciaux, entre cinĂ©ma et trucages de magiciens, qui sont les seules vĂ©ritables outils grĂące auxquels le fantastique du cinĂ©ma de Burton existe. DerriĂšre cette histoire de meurtres Ă  rĂ©soudre, Sleepy Hollow, la lĂ©gende du cavalier sans tĂȘte narre essentiellement le processus de croyance du personnage principal, qui rĂ©fute l’existence mĂȘme de la magie avant d’en tomber littĂ©ralement amoureux, par le biais de Katrina Van Tassel – sublime interprĂ©tation de la part de Christina Ricci. Ainsi, Tim Burton se base sur l’adage qu’il faut le voir pour y croire, le cinĂ©ma Ă©tant l’outil qui permet de voir autant que de croire. © Tous droits rĂ©servĂ©s En plus du scĂ©nario, cette volontĂ© de croire par le cinĂ©ma passe essentiellement par la forme. En cela, les premiĂšres images du long-mĂ©trage jouent un rĂŽle prĂ©dominant. AprĂšs l’introduction, et alors que les crĂ©dits d’ouverture apparaissent Ă  l’écran, le spectateur suit le chemin d’Ichabod Crane vers Sleepy Hollow. La direction photographique de Emmanuel Lubezki fait des merveilles, rĂ©ussissant Ă  installer une ambiance en quelques plans de paysages seulement, fixant l’axe esthĂ©tique du long-mĂ©trage pour l’heure quarante-cinq qui suivra. La rĂ©alisation de Tim Burton y trouve alors une nouvelle jeunesse, et s’essaye Ă  de nouveaux angles et nouvelles dynamiques, ne rappelant aucune des autres rĂ©alisations dĂ©jĂ  existantes du cinĂ©aste. Il en est de mĂȘme pour l’interprĂ©tation de Johnny Depp, qui ne s’est pas encore transformĂ© en parodie de lui-mĂȘme et qui rĂ©ussit aussi bien dans l’extravagance que dans la retenue. Son Ichabod Crane, un brin naĂŻf et acharnĂ©, est le ciment entre le mystĂšre autour de tout un village et la fable folle d’un chevalier revenu des morts Ă  la recherche de son crĂąne. Il est le lien entre le rationnel et le surnaturel, et trouve sous les traits de Johnny Depp la luciditĂ© et la folie nĂ©cessaires pour caractĂ©riser ce sentiment Ă  l’écran en plus d’ĂȘtre un formidable propos mĂ©ta sur la propre condition de rĂ©alisateur de Tim Burton, cherchant un sens aux histoires qui l’entourent. TroisiĂšme collaboration entre l’acteur et le rĂ©alisateur, Sleepy Hollow, la lĂ©gende du cavalier sans tĂȘte scelle Ă  tout jamais la relation d’alter ego que les deux hommes continueront d’alimenter ensemble, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, film aprĂšs film. Si le cavalier est Ă  la recherche de sa tĂȘte, il est certain que Tim Burton, lui, a trouvĂ© avec ce projet, sa figure fantasmĂ©e, celle qui le reprĂ©sentera au pays des songes, de la rĂȘverie et du fantastique du cinĂ©ma. Dans le mĂȘme genre BEETLEJUICE + EDWARD AUX MAINS D’ARGENT + SLEEPY HOLLOW, par Tim Burton Un article de TORNADO On se fait une soirĂ©e VHS pour Halloween ?© Warner Home Video, Fox Video, Paramount PicturesSource Depop, Amazon, Back To The Media Cet article portera sur trois films de Tim Burton Ă  trĂšs grosse rĂ©sonance halloweenienne BEETLEJUICE, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT et SLEEPY HOLLOW. Il y a dĂ©jĂ  des articles sur le blog dĂ©diĂ©s Ă  certains opus de la filmographie de l’éternel garnement d’Hollywood, notamment un, consacrĂ© Ă  ses deux BATMAN, et un autre, Ă  son DARK SHADOWS. Soit trois adaptations. Parions qu’il y en aura d’autres dans un avenir plus ou moins indĂ©fini. Pour l’heure, nous vous proposons d’éclairer la lanterne d’Halloween en parlant de l’un des auteurs les plus en phase avec cette pure fĂȘte de geeks
 Ne rĂ©pĂ©tez jamais trois fois Beetlejuice, Beetlejuice, Beetlejuice !!!© Warner Bros Pictures BEETLEJUICE Tim Burton rĂ©alise BEETLEJUICE en 1988. C’est son deuxiĂšme long mĂ©trage, aprĂšs PEE WEE’S BIG ADVENTURE 1985 et juste avant BATMAN 1989.Voici la premiĂšre Ɠuvre sĂ©minale du style Tim Burton » si l’on excepte ses courts mĂ©trages de jeunesse, VINCENT et FRANKENWEENIE en particulier, qui dĂ©voilait soudain son univers si particulier, sorte de mĂ©lange entre une galerie gothique tout droit sortie d’une fĂȘte d’Halloween, de poĂ©sie lunaire un peu adolescente et de rĂ©fĂ©rences Ă  un cinĂ©ma de sĂ©rie des thĂ©matiques rĂ©currentes et autres parti-pris esthĂ©tiques du rĂ©alisateur sont instantanĂ©ment prĂ©sents Les morts qui cĂŽtoient les vivants, les divers motifs visuels carrelages en damier noir et blanc, habits Ă  rayures, spirale, les perspectives dĂ©formĂ©es surrĂ©alistes, la demeure isolĂ©e du reste de la ville souvent un manoir sur une colline, le pont en forme de passage symbole de l’entre-deux mondes, et surtout deux quasi-invariables La figure du marginal, ici interprĂ©tĂ©e par la jeune Winona Ryder, qui incarne le stĂ©rĂ©otype de l’adolescente gothique aux yeux cernĂ©s de noir, fascinĂ©e par le monde des morts. Et la musique de Danny Elfman, aux accents Ă©tranges et joyeusement lugubres, comme si on Ă©tait Ă  la fĂȘte des sorciĂšres ! Ici, pas question de faire peur. Toute cette imagerie macabre et perverse le personnage de Beetlejuice est un immonde vicelard Ă©cƓurant ! n’est qu’un prĂ©texte pour rire de la mort et des peurs enfantines, exactement comme Ă  la fĂȘte d’Halloween dans le contexte moderne des pays le film est un hallucinant cocktail de dĂ©lire surrĂ©aliste, Burton profite de cette libertĂ© d’expression pour rendre hommage aux Ɠuvres de Ray Harryhausen en privilĂ©giant les effets spĂ©ciaux image par image » Ă  l’ancienne, insistant lourdement et volontairement sur leur cĂŽtĂ© factice les spectateurs prĂ©tendant que tout cela est mal fait » seraient bien entendu complĂštement Ă  cĂŽtĂ© de la plaque
.Dans un ordre d’idĂ©es similaire qui consiste Ă  citer les anciens », le rĂ©alisateur rend Ă©galement un hommage appuyĂ© au chanteur Harry Bellafonte et au Calypso, genre musical complĂštement tombĂ© dans l’oubli, mais trĂšs Ă  la mode dans les annĂ©es 60 !Avec BEETLEJUICE, Tim Burton s’impose dĂšs lors comme un auteur amoureux de la mythologie populaire et des oubliĂ©s » de cette contre-culture, ainsi que de la magie de l’enfance et des dĂ©lires de geeks. DerriĂšre son apparente innocence et sa forme incongrue de bizarrerie cinĂ©matographique, BEETLEJUICE est pourtant un authentique film d’auteur !Mention spĂ©ciale Ă  l’acteur Michael Keaton, qui interprĂšte une ordure attachante unique en son genre. Il donne ainsi la rĂ©plique aux jeunes Winona Ryder, Alec Baldwin et Geena Davis. A noter Ă©galement la prĂ©sence de Jeffrey Jones, l’un des acteurs rĂ©currents de la filmographie burtonienne
 Et toutes les adolescentes Ă©taient amoureuses du beau tĂ©nĂ©breux © 20th Century Fox EDWARD AUX MAINS D’ARGENT EDWARD AUX MAINS D’ARGENT EDWARD SCISSORHANDS est rĂ©alisĂ© en 1990. Souvent considĂ©rĂ© comme le chef d’Ɠuvre de son auteur, il s’agit en tout cas du film qui illustre le plus profondĂ©ment sa filmographie et ses thĂ©matiques pitch Edward est un individu diffĂ©rent Ă  plus d’un titre Créé de toute piĂšce par un savant telle la crĂ©ature de Frankenstein, mais non achevĂ©, il possĂšde des ciseaux Ă  la place des mains. Il a vĂ©cu seul toute sa vie dans un manoir, isolĂ© du reste du monde
DotĂ© d’un look qui hĂ©site entre celui de The Crow et celui du chanteur de The Cure, il trimballe sa figure gothique d’éternel adolescent marginal et solitaire, comme Tim Burton les chez une famille affable au cƓur d’une petite banlieue rĂ©sidentielle, il sĂ©duit d’abord les gens par sa diffĂ©rence, avant d’ĂȘtre exclu de la sociĂ©tĂ© pour les mĂȘmes raisons
D’un simple point de vue scĂ©naristique, il y aurait beaucoup Ă  dire sur la profondeur thĂ©matique et philosophique du film Le fait qu’Edward exerce son art de sculpteur en premier lieu sur des vĂ©gĂ©taux, puis sur des animaux et enfin sur des humains, avant d’ĂȘtre banni de la communautĂ© et de ne plus sculpter que des minĂ©raux et plus exactement de la glace, en dit long sur le parcours initiatique de cet Ă©ternel adolescent Ă  la recherche de sa propre identité C’est ainsi que Tim Burton, qui avoue dĂšs le dĂ©part s’inspirer de sa propre adolescence marginale au cƓur d’une banlieue similaire, dĂ©veloppe un Ă©loge de la diffĂ©rence, en condamnant sans Ă©quivoque cette norme » au sens de normalitĂ© sociale, qui s’impose comme l’ennemie d’une certaine forme de puretĂ© et de vĂ©ritĂ©. Dans ce contexte, Ă©videmment, le droit Ă  la diffĂ©rence est inconcevable et finalement faut voir Ă©voluer cette petite ville, vĂ©ritable suburb mĂ©taphorique, d’abord uniforme, puis transformĂ©e physiquement par la personnalitĂ© originale d’Edward, devenir glaciale et menaçante au nom du refus de la diffĂ©rence ! La forme du rĂ©cit, basĂ©e sur celle des contes de fĂ©es une vieille narratrice raconte l’histoire Ă  une petite fille, est une idĂ©e brillante puisque, depuis toujours, les contes ne sont que des paraboles sur la cruautĂ© de l’existence, en contrepoint de laquelle ils servent d’initiation et d’ point de vue plastique, Burton se montre Ă©galement trĂšs convainquant dans sa maniĂšre d’utiliser les couleurs et toute la symbolique qui en dĂ©coule, opposant rĂ©guliĂšrement le noir et le blanc Ă  toute une gamme de teintes pastel la fadeur acidulĂ©e de la petite bourgeoisie amĂ©ricaine, avant que la personnalitĂ© d’Edward, qui refoule sa colĂšre en sculptant avec frĂ©nĂ©sie des statues de glace depuis son manoir haut-perchĂ©, ne recouvre cette banlieue hostile d’une pellicule de neige purifiante et immaculĂ©e, effaçant toute note colorĂ©e
Film d’auteur complet dans le fond et dans la forme, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT est probablement le film le plus abouti et le plus profond de son auteur. Il marque la naissance d’un univers poĂ©tico-gothique qui fera Ă©cole, en mĂȘme temps que la convergence d’une poignĂ©e d’artistes apparemment faits pour se rencontrer. Johnny Depp inaugure en effet sa longue collaboration avec son rĂ©alisateur fĂ©tiche, qui lui offre par la mĂȘme occasion un tremplin indiscutable pour sa carriĂšre d’acteur de premier plan. Le compositeur Danny Elfman, quasiment prĂ©sent sur tous les films de Burton, rĂ©alise ici son plus beau score. S’inspirant du CASSE-NOISETTE de TchaĂŻkovski, il crĂ©e un univers musical unique, entre le conte de fĂ©es et le conte lugubre, façon Halloween
Jamais par la suite le rĂ©alisateur ne retrouvera cette profondeur philosophique et cette mise en scĂšne Ă  la richesse thĂ©matique aux multiples symboles. Plus tard, ses figures marginales connaitront d’ailleurs un parcours initiatique inverse, pour finir intĂ©grĂ©s dans le systĂšme social, un peu Ă  l’image de sa filmographie
Pour finir, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT est un hommage Ă  l’acteur Vincent Price, cĂ©lĂšbre pour avoir interprĂ©tĂ© les adaptations des Ɠuvres d’Edgar Allan Poe dans les films de Roger Corman. Ce vĂ©tĂ©ran des films d’horreur, idole de Tim Burton depuis son enfance, joue ici son dernier rĂŽle le vieux savant qui donne la vie Ă  Edward, mais qui meurt de vieillesse avant de pouvoir achever son Ɠuvre
. Il Ă©tait dĂ©jĂ  la principale source d’inspiration du rĂ©alisateur lorsque celui-ci tourna VINCENT, l’un de ses premiers courts-mĂ©trages disponible dans les bonus DVD de L’ETRANGE NOËL DE MR JACK
 Halloween spirit !© Paramount Pictures SLEEPY HOLLOW LA LEGENDE DU CAVALIER SANS TÊTE selon Tim Burton, voilĂ  de quoi alimenter les fantasmes de tout cinĂ©phile amateur de contes gothiques dans la grande tradition des fĂȘtes d’Halloween !Au dĂ©part, il y a le livre de Washington Irving publiĂ© en 1820. Et puis le dessin animĂ© de Walt Disney un moyen-mĂ©trage couplĂ© avec une autre adaptation LE VENT DANS LES SAULES de Kenneth Grahame intitulĂ© LE CRAPAUD ET LE MAITRE D’ECOLE rĂ©alisĂ© en 1949. Pour les amĂ©ricains, cette histoire de cavalier sans tĂȘte qui s’en prend Ă  celles des pauvres Ăšres dans la petite commune de Sleepy Hollow est une vĂ©ritable institution, indissociable de la fĂȘte des morts !SLEEPY HOLLOW est le huitiĂšme long-mĂ©trage de Tim Burton ainsi que sa troisiĂšme collaboration avec l’acteur Johnny Depp. C’est une pĂ©riode un peu spĂ©ciale pour lui puisque le film est rĂ©alisĂ© en 1999, entre MARS ATTACKS 1996 et LA PLANETE DES SINGES 2001, soit deux de ses films les moins reprĂ©sentatifs de sa signature si SLEEPY HOLLOW est un film burtonnien en diable, et pas qu’un peu ! Il s’agit ni plus ni moins de la dĂ©claration d’amour du rĂ©alisateur adressĂ©e au cinĂ©ma horrifique de sa jeunesse, auquel il voue un vĂ©ritable culte, une passion sans limites celui des annĂ©es 50 et 60. A cette Ă©poque, un trio de pays les Etats-Unis, l’Italie et la Grande-Bretagne produit une impressionnante sĂ©rie de films d’horreur profondĂ©ment gothiques, peuplĂ©s de goules et de vampires. Aux Etats-Unis, ce sont les films de Roger Corman dont on parlait plus haut. En Italie, les films de Mario Bava et d’une poignĂ©e de rĂ©alisateurs transalpins. En Angleterre, enfin, ce sont les productions de la Hammer Films, qui reprennent les grandes figures de la littĂ©rature horrifique Ă  commencer par FRANKENSTEIN S’EST ECHAPPE et LE CAUCHEMAR DE DRACULA.SLEEPY HOLLOW est donc une succession de tableaux qui rendent tour Ă  tour un hommage flamboyant Ă  ces films reprĂ©sentatifs du cinĂ©ma fantastique et horrifique d’une Ă©poque toute entiĂšre, qui s’épanouissaient dans une somptueuse matĂ©rialisation graphique, tantĂŽt dans un noir et blanc expressionniste inspirĂ© des classiques des annĂ©es 30, tantĂŽt baignĂ©s d’une gamme de couleurs vives aux contrastes tout aussi appuyĂ©s. Dans cette volontĂ© de brosser des tableaux, on trouve mĂȘme des toiles de maĂźtre puisqu’au dĂ©tour de certaines images, Buron reconstitue ouvertement l’univers visuel de Johannes Vermeer, notamment la cĂ©lĂšbre JEUNE FILLE A LA 105 minutes, le spectateur est livrĂ© Ă  des compositions picturales aussi splendides que tĂ©nĂ©breuses, d’une perfection esthĂ©tique rarement atteinte sur un Ă©cran de cinĂ©ma, le tout rehaussĂ©, comme d’habitude, par la musique funĂšbre et lyrique de Danny puisqu’il s’agit d’un film d’horreur, Burton et son Ă©quipe n’hĂ©sitent pas Ă  traiter cet Ă©lĂ©ment de maniĂšre frontale, livrant une saisissante sĂ©rie de scĂšnes gores, d’une noirceur contrebalancĂ©e, juste ce qu’il faut, par un humour tout aussi noir
 Beaucoup de critiques ont vu dans SLEEPY HOLLOW une trĂšs belle mise en forme, digne d’un travail d’orfĂšvre, mais ont reprochĂ© Ă  Tim Burton une toile de fond plutĂŽt lĂ©gĂšre, Ă  travers laquelle le rĂ©alisateur ne laissait percer que quelques unes des thĂ©matiques rĂ©currentes que l’on retrouve dans la plus-part de ses films. A bien y regarder, il y a pourtant beaucoup d’élĂ©ments intĂ©ressants. Il y a tout d’abord le dĂ©ploiement de certains de ses motifs visuels principaux la spirale, l’arbre dĂ©charnĂ©, ainsi que le pont en forme de passage. Il y a ensuite le thĂšme principal de Burton, celui du marginal esseulĂ© le personnage interprĂ©tĂ© par Johnny Depp, lunaire et incompris de ses supĂ©rieurs, traumatisĂ© par une enfance Ă©pouvantable. Mais il y a surtout une nouvelle thĂ©matique qui reviendra sans cesse dans la suite de sa carriĂšre celle de l’absence, ou du dĂ©ni du pĂšre ».Accuser le scĂ©nario d’une certaine vacuitĂ© sous prĂ©texte qu’en soignant ses compositions picturales avec maniaquerie, Burton et ses scĂ©naristes ont un peu dĂ©laissĂ© la toile fond devient dĂšs lors un non-sens, tant les Ă©lĂ©ments fĂ©dĂ©rateurs de sa filmographie sont ici rĂ©injectĂ©s avec beaucoup de cohĂ©rence. Et puis le script n’est pas si mal, certes classique une sombre histoire de vengeance teintĂ©e de sorcellerie, mais qui recĂšle de belles rĂ©sonnances sur l’opposition entre la raison et le surnaturel un policier qui rĂ©flĂ©chit plus que les autres se retrouve opposĂ© Ă  un meurtrier sans tĂȘte !, avec une rĂ©flexion tout Ă  fait intĂ©ressante sur la frontiĂšre entre la science et les croyances. Ichabod Crane Johnny Depp est un enquĂȘteur aux mĂ©thodes rationnelles, Ă  la pointe de la technologie et en avance sur son temps. Il sera nĂ©anmoins confrontĂ© au surnaturel, obligĂ© ainsi de redĂ©finir les fondements de son existence, jusqu’à replonger dans un passĂ© enfoui dans les limbes de l’oubli. Ce sera finalement l’amour d’une sorciĂšre qui lui permettra d’évacuer tous les cauchemars qui le tourmentaient jusqu’ici
Soit, en dĂ©finitive, une toile de fond tout Ă  fait adaptĂ©e au traitement iconique, gothique et tĂ©nĂ©breux du rĂ©alisateur, mĂȘme si elle a tendance Ă  ĂȘtre parfois Ă©clipsĂ©e par ces tableaux noirs et baignĂ©s de brumes
Mais la plus grande rĂ©ussite de SLEEPY HOLLOW rĂ©side peut-ĂȘtre dans son Ă©tat d’esprit, au carrefour des cauchemars et des contes de fĂ©e. Avec un sens de l’alchimie unique, le rĂ©alisateur parvient Ă  faire converger toutes les influences relevĂ©es plus haut dans une Ɠuvre-somme oĂč se retrouvent tous les Ă©lĂ©ments que l’on aime dans les fĂȘtes d’Halloween, lorsque les obsessions morbides qui sont les nĂŽtres sont transformĂ©es en fĂȘte cathartique, oĂč la beautĂ© lugubre de ces images gothiques devient si parfaite qu’il est possible de s’en dĂ©lecter, d’en rire et d’en apprivoiser les dĂ©finitive, tout cela n’est pas si mal pour un film souvent qualifiĂ© d’Ɠuvre mineure dans la filmographie de son auteur, non ? En bonus la version Disney ! ——————– La BO du jour Qui a peur de la peur ?

tim burton a réalisé sleepy en 1999